Habiter dans une
yourte
Si vous souhaitez
tester cet habitat le temps d'un week-end ou d'une semaine, une yourte
fabriquée par mes soins est disponible à la location
depuis l'été 2007. Il s'agit de ce
modèle.
Vous trouverez plus d'informations ici.
Les
nomades
d'Asie centrale utilisent cet habitat depuis des
millénaires. La yourte
est parfaitement adaptée à leur mode de vie mais aussi
à leurs climats.
Qu'en est-il pour nous, occidentaux ?

L'engouement pour
la yourte est à rapprocher de bien d'autres
changements qui sont en
train de modifier en profondeur notre relation à l'habitat :
recherche d'un
habitat plus écologique, construit avec des matériaux
sains, envie de
renouveau de notre l'habitat, envie de dépaysement, etc… Ces
modifications de
notre comportement nous font découvrir ou redécouvrir des
habitats tels que les
yourtes, les zomes, les cabanes perchées, mais aussi des
techniques ou des
matériaux comme la construction en ossature bois, la fuste, le
madrier, l’utilisation
de la paille, de la terre, et bien d’autres encore.
Le mode de vie actuel amène
également
des
formes nouvelles de nomadisme, contraintes parfois, ou choisies.
Mais nous ne sommes pas prêts à
sacrifier
non plus notre mode de vie et
notre confort et il nous faut donc trouver des compromis et des
adaptations
permettant d’allier nos aspirations et notre mode de vie.
Il est possible d’adapter la yourte à ces exigences et d’en
faire ainsi un
habitat original mais aussi confortable.
Mes choix en matières de
techniques de
fabrication et de matières premières vont dans ce
sens : construire le
plus durablement possible en assurant un confort adapté à
nos modes de vie et à
notre climat, en respectant au mieux notre environnement.
Mais une yourte,
même
adaptée, n’est pas une maison.
L’isolation phonique d’une yourte n’est pas comparable à celle
d’une maison. Par exemple, en
étant à
l’extérieur de la yourte, il est possible d’entendre, sans
pouvoir la
comprendre, une discussion à l'intérieur. L’isolant
assourdi les bruits mais ne
les coupe pas. La pluie et le vent sont, par exemple, présents
dans la yourte.
Ceci est une contrainte généralement bien vécue
qui nous place au cœur de notre
environnement immédiat.
Mais il faut en tenir compte pour
le choix de
l’emplacement en
évitant les environnements trop sonores.
Réaction au
chaud
et au froid
Contrairement à une maison, une yourte est fabriquée sans
matériau
présentant une forte inertie thermique comme le béton,
la pierre, ou la brique, par
exemple. Elle
présente donc une faible
inertie thermique.
Le principal avantage est qu’il est très facile de chauffer une
yourte :
pas de pierre ou de béton à réchauffer. En
une ou deux heures,
en fonction du chauffage choisi,
la température est déjà douce.
Par contre, même avec un
isolant de grande
qualité, une fois le chauffage arrêté, la yourte se
refroidira plus vite. Il
faut donc choisir un mode de chauffage adapté, qui monte
vite en température le
volume de la yourte et qui a une tenue au feu assez longue, 10 à
12 heures
idéalement pour, par exemple, un poêle à bois afin
de tenir la journée ou la
nuit. Mais la yourte reste facile à chauffer en hiver.
La réaction par rapport à la chaleur en
été n’est également pas la même.
Malgré
un isolant efficace, la yourte se réchauffera plus vite
qu’une
maison en pierres
pendant la saison chaude.
Il faut donc prévoir une ventilation
efficace au sommet
afin d’évacuer la
chaleur qui s’accumule en hauteur. Lorsque vous choisissez de mettre un
dôme
transparent, il est possible de l'ouvrir à l'aide d'une canne amovible
et d'un vérin télescopique. Cette ouverture d'une dizaine de
centimètres, côté opposé au vent dominant, suffit à créer un mouvement
d'air naturel bien plus efficace qu'avec un ventilateur en raison de sa
position au point culminant de la yourte. Cette ventilation naturelle
permet de renouveler l'air de la yourte en expulsant l'air chaud chargé
d'humidité.
Vous trouverez ici plus d'infos sur l'isolant en laines de moutons que j'utilise.
Il peut être particulièrement
intéressant
d’adjoindre un puit
provençal
(ou
canadien)
à la yourte. Il s’agit de profiter
de l’inertie thermique de la terre
pour
rafraîchir en été et préchauffer
en hiver l’air qui entre dans la yourte.
Cette installation consiste à faire passer l’air entrant dans un
tube (diamètre
150 à 200 mm par exemple) qui circule sous la terre à une profondeur
de 1,50 à 2,00 m
sur une longueur de l’ordre de 15 à 20 m avant d'arriver dans la
yourte. Ces données
sont indicatives et à
adapter en fonction du volume de la yourte. Le coût principal de
cette
installation réside dans le creusement de la tranchée et
il peut être très nettement amoindrie
s’il faut amener l’eau ou l’électricité dans la yourte et
donc creuser une
tranchée pour ces travaux. Plus
d'infos sur le puits provençal.
Le choix de l'emplacement de la yourte sur votre
terrain doit
prendre en compte
un certain nombre de paramètres.
Tout d'abord par rapport au vent.
La yourte présente une
structure qui est très adaptée pour résister au
vent. Sa
forme ronde ne présente que peu de surface d'appui pour
celui-ci, le vent a
tendance à tourner autour. Certains fabricants américains
garantissent leurs
yourtes pour des vents allant jusqu'à 160 Km/h !

Cela n'empêche nullement de prendre des précautions
et
d'éviter de placer la
yourte à un endroit très exposé au vent. En
particulier en ce qui concerne les
ouvrants, il est déconseillé de placer une porte ou une
fenêtre ouvrante dans
la direction des vents dominants. Pour préserver les portes,
elles ouvrent
toutes vers l'intérieur de la yourte pour que le vent ne puisse
s'appuyer
dessus et les déformer ou les arracher. Pour les mêmes
raisons, il n'est guère
souhaitable de placer des volets extérieurs. Si vous le
souhaitez, des volets
dans le style provençal peuvent être placés
à l'intérieur.
Les sources d'humidité sont également à
éviter.
Le facteur principal d'usure des toiles est l'humidité.
Il
faut donc veiller à
ne pas placer la yourte à proximité d'une source ou d'un
cours d'eau, mais
aussi trop près de végétation haute (arbres,
haies) qui gardent
l'humidité mais qui perdraient aussi leurs feuilles sur la
yourte pourrissant
ainsi sur la toile et stockant de l'humidité. La chute de
branches par temps
venteux est aussi à craindre, même pour les plus petites
qui pourraient percer
la toile.
L'orientation est affaire de goût mais la course du soleil est
à prendre en
compte.
Le soleil apporte un éclairage direct essentiellement par les
portes
vitrées ou fenêtres
situées entre le sud-est et le sud-ouest. Les
fenêtres situées entre le sud et
l'est apporteront de la lumière le matin, celles situées
entre le sud et
l'ouest l'après-midi.
Toutes les ouvertures situées au-dessus d'un diamètre
est-ouest de la yourte
n'apporteront qu'un éclairage naturel indirect.
Le dôme transparent, quand il est présent, apporte une
luminosité conséquente.
L'éclairage sera direct en été, indirect en
hiver. Si une mezzanine est
présente, située à l'ouest du centre, elle sera
plus éclairée le matin, située
à l'est du centre, elle sera plus éclairée
l'après-midi.
Autorisation
d'installer : Permis de construire ou non ??
La problématique de l'autorisation d'installer de la yourte
n'est pas très
simple. Ce
qui suit est un résumé de celle-ci,
sachant que je ne suis nullement
juriste ! Vous trouverez ici un document nettement plus complet,
créé par Halém (association des HAbitants de
Logements Ephémères ou mobiles) voir coordonnées
en page Liens
: Mémorandum
juridique.
La nature de
l'autorisation nécessaire dépend
essentiellement de l'usage qui est fait de la yourte.
Pour
une utilisation ponctuelle, de quelques semaines par exemple,
la yourte
est assimilable à une tente et aucune autorisation n'est requise
en-dehors de
celle du propriétaire du terrain sauf réglementation
locale particulière
concernant le camping, par exemple dans les Parcs Naturels et certains
Parcs Régionaux, le littoral en France, etc... Vous pouvez poser
une yourte à
côté de votre maison pour
l'été sans demander rien à personne si votre
commune n'a pas de règlementation particulière concernant
le camping, ce
qui est généralement le cas mais à vous de
contrôler ce point auprès de votre mairie.
Pour
une durée plus longue, de quelques mois à 2-3
ans, une autorisation
municipale doit
être sollicitée, au même
titre que pour une caravane, un mobil
home. Cette autorisation est légalement valable un an maximum
mais est
renouvelable. Le terrain n'est pas
nécessairement
constructible. Cette autorisation n'est pas un droit, une mairie peut
la refuser. Avec le jeu des renouvellements, ce cas de figure peut se
prolonger ... quelques années.
Au-delà, la seule autorisation qui n'a pas de limite de temps
est le permis de
construire.
Une
yourte, "si elle
comporte
des aménagement intérieurs tels que des blocs cuisine ou
sanitaires",
est parfaitement assimilable à une
Habitation Légère de Loisirs (HLL). Lors d'une question
au gouvernement posé par M. Jean Launay, alors
député du Lot, le ministre des transports de
l'équipement du tourisme et de la mer l'a clairement
indiqué dans sa réponse publiée au JO le
06/02/2007 page 1416. Voyez
ici le texte intégral de la question et de la réponse.
Sa réponse comprend par contre une omission au regard du code de
l'urbanisme.
Les
HLL sont définies par le code de l'urbanisme, article R. 111-31
du 5 janvier 2007 : "Sont
regardées comme des habitations légères de loisirs
les constructions démontables ou transportables,
destinées à une occupation temporaire ou
saisonnière à usage de loisirs." Dans la question
posée au gouvernement, l'usage des yourtes en tant qu'habitat
principal est clairement indiqué, le ministre répond en
disant qu'il faut utiliser la règlementation des HLL.
L'article R. 111-32 précise les conditions d'implantations des
HLL, qui sont essentiellement prévues dans des terrains
spécialement aménagés, à savoir les parcs
résidentiels de loisirs, certains terrains de camping, les
villages vacances classés en hébergement léger,
les dépendances des maisons familiales de vacances. Mais cet article précise aussi : "En dehors de
ces
emplacements, leur implantation est soumise au droit commun des
constructions." Rien
n'empêche donc à ce qu'une habitation légère
de loisirs et donc une yourte dans le cas qui nous intéresse
fasse l'objet d'une demande de permis de construire.
Ceci
n'oblige pas les autorités compétentes (Etat, DDE,
Mairie, voir Architecte des bâtiments de France) à
répondre favorablement à cette demande. Ce genre de
demande est atypique et ces services répondent de manière
très diversifiés en fonction des personnes et des
territoires. Mais certains obtiennent leur permis de construire pour
une yourte.
Cela
nécessite un terrain constructible et des
démarches un peu lourdes. Mais c'est possible ! Il
ne faut
pas parler de yourte mais de « maison ronde à
ossature bois », il n'y
a pas lieu de mettre en avant le caractère démontable de
cet habitat puisque
l'autorisation est définitive ! Certains critères
pourront être imposés comme
la couleur des toiles de toit. Bien sûr, certaines
administrations ou communes
ne seront pas favorables à de tels projets, mais d'autres le
seront ! C'est généralement un parcours du combattant
mais qui peut trouver une issue favorable si vous ne vous
découragez pas d'un premier refus et si vous êtes
prêt à changer votre projet de localisation. Des communes
rurales seront certainement plus ouvertes à ce propos que des
communes urbaines qui ont généralement des
problèmes pour gérer leur développement. Si vous
êtes nouveaux venus sur un territoire qui perd de la population,
certaines communes seront plus conciliantes avec vous pour l'obtention
d'un permis de construire.
Lorsque l'on imagine vivre dans une yourte en permanence, il faut
souvent
aménager le terrain pour celle-ci : arrivée d'eau,
électricité, traitement des
eaux, etc... Tous ces aménagements seront difficilement
démontables. Il existe
cependant des solutions pour certains d'entre eux comme, par exemple,
un filtre
à tourbe posé sur le sol pour le traitement des eaux
usées qui reste amovible.
Une yourte adaptée pour y vivre en permanence reste
démontable mais son
démontage et son transport représente un chantier un peu
important, estimé à
une bonne quinzaine de jours pour une yourte de 50 m² avec
mezzanine et
plancher avec des aménagements intérieurs
(électricité, plomberie, salle
d'eau, etc...). Le plus long à démonter et remonter sera
tous les aménagements intérieurs, le plancher et la
mezzanine.
Pour toutes ces raisons je conseille de rentrer dans la démarche
du permis de
construire dés que l'on imagine habiter une yourte en permanence
pour une durée
supérieure à deux ou trois ans.
La
Creuse est, à ma connaissance, un des rares départements en France qui
soit aussi favorable aux yourtes. Au moins 3 permis de construire ont
été délivrés dans l'année qui s'est écoulée pour des yourtes utilisées
en tant qu'habitat principal. Vous pouvez donc soit aller habiter en
Creuse, où en plus les terrains constructibles ne sont pas très cher,
ou essayer de persuader vos élus et administrations avec l'exemple
creusois. La situation progresse cependant assez rapidement ces
dernières années avec de plus en plus de territoires ouvert à
l'obtention de permis de construire pour les yourtes. Les territoires
ruraux en déclin démographique sont ceux qui s'ouvrent le plus
rapidement, car les nouveaux arrivants sont un des rares moyens de
lutter contre ce déclin.
Je déconseille vivement et
dans tous les cas de poser une yourte
pour une
durée un peu
longue (supérieure à 6 mois) sans solliciter
d'autorisation. Certaines
personnes le font mais ils s'exposent à des déconvenues.
Même si les demandes
de démontage sont très peu nombreuses, elles existent et elles ne feront qu'augmenter si beaucoup de personnes
installent des yourtes sans autorisation. C'est d'ailleurs le cas ces
dernières années avec l'augmentation du nombre de yourtes
montées. Dans certains endroits, les autorisations s'obtiennent
plus facilement, mais ailleurs la répression des campements de
yourtes sauvages s'organise... Des solutions différentes du permis de construire sont cependant envisageables.
Si vous avez
des expériences à partager sur ce
thème, ou d'autres points de
vue, je suis preneur ! Voir
contact.
La
Maison
Voyageuse - conception et fabrication de yourtes
Olivier
Dauch
Sèverac 15170 Neussargues - Cantal, Auvergne
|