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La matière première principale
utilisée dans la fabrication d'une yourte est le bois. |
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Le bois que j'utilise est issu intégralement des forêts du Massif Central, plus précisément des départements de Haute Loire ou du plateau des Millevaches, à cheval sur les départements de Corrèze, de Haute Vienne et de Creuse.
Cet approvisionnement de proximité peut encore être amélioré.
Je ne peux utiliser actuellement du bois issu du Cantal, le département où j'ai installé mon atelier car j'ai besoin de travailler du bois séché et qu'aucun séchoir à bois n'existe plus dans le Cantal malgré une filière bois assez développée localement. L'installation d'un petit séchoir à bois dans mon atelier, prévu en 2010, me permettra d'une part de mieux maîtriser la qualité du bois que j'utilise par un procédé de séchage doux et plus étalé dans le temps mais aussi de diminuer l'impact écologique du transport de mes matériaux en m'approvisionnant auprés d'une petite scierie locale utilisant des arbres issus des forêts du Cantal.
Le choix
d'une isolation pour une yourte moderne doit répondre à
des critères multiples :
L'isolant traditionnel d'une yourte est souvent le feutre. Si la laine, le plus souvent utilisé pour sa conception, est un bon matériau pour l'isolation, le feutre, en tassant celle-ci est un isolant assez médiocre. La laine en nappe, beaucoup plus aérées, est un isolant bien plus performant. 100 mm d'épaisseur de laine en nappe contiennent à peu près autant de matière qu'un feutre de 15 mm mais la capacité d'isolation est 5 fois supérieure.
L'isolant que j'utilise est issu d'une filière régionale d'agriculteurs et de tondeurs de moutons qui ont décidés voici plus d'une dizaine d'années de valoriser le produit de la tonte en fabricant un isolant naturel. Ce fournisseur, Etoile du Berger, collecte la laine, la fait laver, fait fabriquer un isolant en nappes sain, naturel, efficace et le commercialise avec une démarche qui minimise au mieux les transports en maintenant, malgré des coûts de production supérieurs, toutes les étapes en France afin de minimiser les impacts écologiques de la fabrication du matériau mais aussi de soutenir ainsi des entreprises locales dans une conjoncture difficile pour ce secteur de l'industrie. Les procédés de lavage sont les plus respectueux possibles de l'environnement.
Cette démarche permet la fabrication d'un isolant naturel à partir de laines qui étaient, le plus souvent, jetées ou brûlées, le prix de rachat de la laine brute couvrant difficilement le coût de transport. En participant au maintien d'une agriculture locale viable et d'un secteur industriel fragile et bien souvent touché par les délocalisations, cette fabrication est socialement exemplaire.
Cet isolant possède des
qualités thermiques identiques aux laines minérales, avec
une dégradation de ces capacités bien inférieure
dans le temps. Associé à des toiles respirantes, il
régule parfaitement l'humidité au sein de la yourte et
participe ainsi au maintien d'une ambiance saine. Sa souplesse est
parfaitement adaptée aux formes d'une yourte. Plus
d'infos
La problématique de choix d'une toile performante, résistante aux UV, à la pluie et au gel, à un coût acceptable, durable, imperméable à l'eau mais respirante pour la vapeur d'eau, et avec un impact sur l'environnement le plus faible possible est très complexe.
Pendant
longtemps, les toiles utilisées par les fabricant de yourtes ou
de tipis étaient la plupart du temps des toiles coton ou
polyester-coton.
L'impact de la culture du coton sur l'environnement est bien souvent énorme avec le recours massif à des pesticides, insecticides et engrais et une irrigation importante dans des pays où l'eau est bien souvent un bien rare. A titre d'exemple, le développement de la culture du coton est un des principaux phénomènes qui ont entraîné l'assèchement de la mer d'Aral.
La filière du coton s'est énormément complexifiée ces dernières années avec un parcours typique suivant : les graines, souvent génétiquement modifiée, proviennent des Etats Unis, la culture se fait au USA, en Afrique, en Inde, au Brésil, le coton est filé en Turquie par exemple, tissé en Chine, enduit en Europe.
Plus personne ne maîtrise la qualité des produits issus d'une filière aussi complexe.
Une toile coton peut subir
jusqu'à 40 traitements chimiques différents. Qu'en est-il
de la compatibilité chimique de ces traitements quand les
entreprises en bout de filière ne connaissent pas les
traitements appliqués au début de la filière ?
Quid de l'impact environnemental de tous ces produits chimiques et de
tous ces transports ? Quid de la toxicité de certains de ces
produits pour l'environnement mais aussi pour les habitants d'une
yourte ?
Le résultat est que des toiles qui duraient jusqu'à une quinzaine d'années sont régulièrement hors d'usage au bout de 2 à 5 ans. Il faut aussi veiller à retraiter les toiles tous les ans avec des fongicides et imperméabilisants.
Certaines toiles de coton ou autres fibres végétales issues de cultures respectueuses de l'environnement font leur apparition ces dernières années. D'une part, le recul est encore faible pour assurer que leur durabilité sera conséquente. D'autre part, toutes ces fibres présentent l'avantage … et l'inconvénient d'être rapidement biodégradables et donc fragiles. Les traitements de protection de ces fibres sont donc souvent très agressifs pour l'environnement mais aussi parfois toxiques pour les utilisateurs des yourtes.
J'ai pour ma part fait un choix différent, après des déconvenues importantes avec des toiles coton.
J'utilise
maintenant des toiles
acryliques
fabriquées en France dans le Pas de Calais. Plus d'infos.
Le point noir de ces toiles est l'origine de la matière première : le pétrole.
Mais les transports au cours de la fabrication sont bien moindres que dans le cas du coton par exemple, avec une filière simplifiée et une seule étape dans la fabrication, dans le nord de la France, à proximité de Lille. La toile acrylique pèse près de deux fois moins que la toile coton pour une résistance mécanique supérieure.
Mais il
s'agit d'une fibre qui est résistante de part sa fabrication,
les produits de
traitements, tous
à base d'eau, ont donc des impacts faibles sur
l'environnement. Le renouvellement de ces produits est facultatif mais il améliore tout de même la durée de vie de la yourte.
Mais ces toiles, dont la fabrication est éprouvée depuis plusieurs décennies, ont une durée de vie bien plus stable et bien plus importante : de l'ordre de 15 à 20 ans pour la toile extérieure de toit qui subit le plus les agressions (soleil, pluie, gel). Elles bénéficient d'une garantie de 10 ans.
Ces toiles bénéficient d'un label allemand : Oëko Tex Standard 100 (plus d'infos) qui garantit qu'aucune substance nocive pour l'homme et son environnement n'est contenue dans les toiles ou les fils que j'utilise. Aucune toile coton adaptée à un usage extérieure ne pourrait prétendre à ce label.
Des expérimentations sont en cours sur des fibres naturelles telles que le chanvre ou le lin. A ce jour, je n'ai connaissance d'aucune toile utilisable en extérieur, qui puisse prétendre avoir un impact moindre sur l'environnement, une durabilité suffisante et éprouvée, et un coût acceptable. L'achat de la toile pour la fabrication d'une yourte est la part la plus importante dans le budget des matériaux. Il représente facilement de 10 à 15 % du prix de vente final de mes yourtes.
Si je suis en permanence à
l'affut de nouvelles toiles qui présenteraient de meilleures
qualités, je suis persuadé que ces toiles sont le
meilleur compromis environnemental actuel, en l'état de mes
connaissances.
Les surfaces vitrées des
yourtes
que je fabrique sont équipées d'un double vitrage
à hautes performances thermiques : gaz argon et couche de faible
émissivité limitant l'échange de chaleur par
rayonnement infrarouge (évitant ainsi surchauffe en
été, perte de chaleur en hiver) garantissent ainsi des performances thermiques
tout
à fait à la hauteur des normes actuelles et une consommation énergétique tout
à fait raisonnable.
Ma
démarche environnementale
Aspects écologiques de
l'habitat yourte